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1842-1886, un orgue de choeur

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Orgue 1842

Dès 1842, les moines bénédictins expulsés, les vandales de la terreur dévastent entièrement le monastère et l’abbatiale. Cette dernière échappe cependant au sort des batiments conventuels et des églises, en grand nombre dans le bourg Saint-Remi et ruinés de fond en comble, telle l’altière et somptueuse abbatiale Saint-Nicaise transformée en carrière de pierres. Affecté au service de la paroisse et sobrement remeublé sous le Directoire, l’édifice reçoit encore en 1814, les blessés des troupes russes avant de retrouver sa destination religieuse. Mais les convulsions politiques de la première moitié de siècle risquent cependant de lui être fatales.

L’état ne se soucie guère d’entretenir ses vieux monuments rescapés de la tourmente révolutionnaire. Le manque d’entretien accumule les dégradations tout particulièrement dans la nef de Saint Remi. A tel point qu’en 1825, pour le passage de Charles X près du tombeau du saint évêque, gardien de la sainte Ampoule, une expertise est demandéeaux architectes HITTORF et LECOINTE, de la maison du Roi. Ils concluent à la nécessité d’échaffauder la façade en recto verso "afin d’étayer la rose du portail et la première travée de la voûte de la nef qui menace ruine". SERRURIER, l’architecte de la ville est chargé des travaux. Plus tard, inquiet de la solidité des hauts murs de la nef, il fait remplacer les voûtes de pierre par de fausses voûtes en bois et plâtre. Pour autant, cette mesure n’empêche pas en 1837, l’année de sa mort, l’effondrement d’une partie des voûtes de la tribune et du bas-côté sud de la nef. On parle dès lors d’abandonner cette nef et de reporter la façade au niveau du transept. C’est le rôle historique de saint Remi dans le sacre des Rois de France qui sauve l’édifice. Sur décision du garde des sceaux, une commission expertise le bâtiment et admet que toute la nef doit être restaurée. C’est BRUNETTE, architecte de la Ville nommé en1838, après le court interim de MARCHAND, qui mène les travaux tandis que l’église est inscrite, en 1841, à l’inventaire des Monuments Historiques. La nef ne sera rendue au culte qu’en 1843.

Cependant, la paroisse commande un modeste orgue de chœur au facteur d’orgue lorrain Jean-Frédéric VERSCHNEIDER. Installé sous l’arcade de la 12ème travée nord, dans le chœur des moines, il comprend 23 jeux. Cet instrument accompagne les offices paroissiaux durant le reste du siècle.

En 1886, il est restauré et augmenté par le facteur rémois, Augustin Brisset qui va bientôt recevoir la commande d’un Grand orgue.