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1969 l’Orgue du Choeur du Lycée de Garçon

Le martyre de la Basilique se poursuit après l’armistice. Le 14 avril 1919, à 13h31, le mur sud de la nef, miné par les intempéries hivernales, s’écroule à partir du 4ème pilier, provoquant la chute de deux voûtes du transept sud et celle de la croisée des transept. L’année suivante, 24 heures de pluies diluviennes suivies d’un violant ouragan font s’écrouler le pignon nord du transept. Dans sa chute, il écrase trois travées de voûte et la couverture installée provisoirement. En ce 20 novembre 1920, l’édifice en ruine est-il condamné à disparaître ?

"NON" disent ensemble l’intrépide Cardinal Luçon et Charles ROCHE, le nouveau maire de Reims qui succède à Jean-Baptiste LANGLET. Rallié à leur avis, le Ministère des Beaux-Arts charge Henri DENEUX d’établir les plans de reconstruction. L’architecte des Monuments Historiques isole, dans un premier temps, le bas côté nord de la nef. Celui-ci avait été consolidé en 1907 par l’architecte GENUYS qui avait établi au niveau du sol de la tribune une épaisse terrasse de ciment. Ainsi, dès le 23 mai 1920, les offices paroissiaux peuvent reprendre dans cette étroite église provisoire où la chasse, réfugiée de Dijon le 18 juillet 1918, reprend sa place le 9 novembre 1920. Il faudra attendre le 4 octobre 1931, fête de la Saint Remi, pour réaménager le culte dans la seule nef entièrement restaurée mais fermée par un haut mur de briques au niveau des piles méridionales de la croisée du transept. Dès lors, un solide harmonium accompagne les offices.

L’architecte HUIGNARD prend la suite de DENEUX de 1939 à 1950. Le chanoine LADAME, curé de la Basilique, encourage bien alors un projet de reconstruction des grandes orgues qu’étudie un moment le chanoine LARTILLEUX, titulaire de l’orgue de la Cathédrale.

Mais lorsqu’en 1958, l’architecte PILLET, nommé en 1954, rend au culte la totalité de l’édifice, rien de ce projet n’a été concrétisé. L’inauguration de la Basilique est marquée par 5 journées de manifestations religieuses et culturelles. L’autel est consacré, le samedi 11 octibre, par le Cardinal TISSERANT, doyen du Sacré Collège.

Avant le salut du lendemain, Mgr BLANCHET, recteur de l’Institut Catholique, prononce un discours d’anthologie à la gloire du patrimoine restauré. Mais pour accompagner les choeurs de l’office, Jean DROT, organiste titulaire n’aura qu’un harmonium. Dans sa déception, il en referme définitivement le couvercle.

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Orgue de Choeur

Or voici qu’un petit instrument de 10 jeux va se trouver disponible du fait de la démolition de la chapelle vétustee et inutilisée du Lycée de garçon, rue de l’Université, à l’emplacement de l’ancien Collège des Bons Enfants, aujourd’hui devenu le Collège Université. Cet instrument date de 1852 et est l’oeuvre de Nicolas-Augustin HUBERT. Transformé par JACQUOT en 1893, il a été relevé en 1921 après les dégâts provoqués par les bombardements de la Grande Guerre. Le chanoine TOUZET vient d’être installé en 1969 dans ce quartier où la vie reprend lentement après les boulversements de sa rénovation initiés en 1963 et achevés en 1973. Le nouveau curé propose aux services de Monuments Historiques le transfert de ce petit orgue à la Basilique. Après un premier refus, l’instrument est accepté comme "orgue de choeur". Il coûtera 66.477 frs payés par moitié par la ville et pour 2 autres quarts, par l’archevêché et la Paroisse.

L’administration assigne le même emplacement qu’avait l’orgue de 1642. Le délicat travail de restauration est confié au facteur d’orgue Erwin MULLER de Croissy/Seine. L’inauguration à eu lieu le 2 juillet 1973. A l’orgue, Danièle STOLTZ interprète des oeuvres de PURCELL, BACH, VIVALDI, HAENDEL, GIGOUT et MESSIAEN. Elle restera au clavier de cet orgue jusqu’à son décès en 1999.