Vous êtes ici : Accueil > Archives saisons > Saison 2010

Elodie RAIMOND Vendredi 8 octobre

Vendredi 8 octobre, 20h30

JPEG - 36.8 ko

Vendredi 8 Octobre,

20 heures 30

Elodie RAIMOND (Châlons)

Bach et le Romantisme

D’un point de vue chronologique, Bach n’est pas si éloigné de l’époque classique et de l’époque romantique. En Allemagne, le romantisme littéraire prit son essor deux à trois décennies après la mort de Bach (1750). « Bach est l’élu de tous les compositeurs qui ont un compte à régler avec l’art de leur temps, ceux choisissant avec abnégation une voie ne passant pas par le théâtre lyrique. Pour beaucoup c’est affaire de religion, de restauration politique, ou plus généralement d’alliance naturelle du spirituel et du musical. A côté de cette construction de l’image, la réalité tangible de l’influence de Bach sur les romantiques est claire. Beethoven reçut son enseignement de NEEFE, élève de Bach et a travaillé le clavecin bien tempéré. La famille Mendelssohn a entretenu des rapports étroits avec la « galaxie » Bach, bien avant que Félix ne ressuscite la Passion selon saint Matthieu et que Fanny n’en joue des œuvres dans toute l’Europe. Schumann vénère Bach dont il a fait à plusieurs reprises un maître spirituel et esthétique. On sait combien Liszt, pour qui la musique est avant tout affaire de religion, s’appuie sur le modèle et l’exemple de Bach. Chopin imite Bach qu’il admire lorsqu’il a le projet d’écrire les Préludes ou les Etudes dans tous les tons. Brahms adapte des formes typiquement bachiennes. La filiation qui va de Bach à Beethoven, puis à Brahms donne corps à l’idée que Bach serait le grand fleuve de l’Allemagne musicale (Timothée Picard, Tout Bach, 2009). Quant à la musique française, SAINT-SAENS fut sans doute le grand contributeur pour relancer l’intérêt pour la musique de Bach, en tentant de rallier à sa cause Berlioz, quelque peu sceptique. Franck de son côté, admirateur du cantor pour son contrepoint, son goût pour la superposition de plusieurs thèmes était l’un des rares Français (belge) à souscrire à la Bach-Gesellschaft. Mais c’est Lemmens (belge) qui introduisit Bach en France. Un de ses élèves, Widor y fait référence : « tel est l’orgue moderne, essentiellement symphonique. A l’instrument nouveau il faut une langue nouvelle, un autre idéal que celui de la polyphonie scholastique. Ce n’est plus le Bach de la fugue que nous invoquons, c’est le mélodiste pathétique, le maître expressif par excellence des Préludes, du Magnificat, de la Messe en Si, des Cantates et de la Passion suivant (sic) St-Mathieu ».

Elodie Raimond a commencé ses études musicales au Conservatoire de Reims, au piano et à l’orgue ainsi qu’en musique de chambre, accompagnement et écriture, où elle obtint ses prix. Elle entre au CNSMD de Paris où elle étudie l’orgue auprès de Michel Bouvard et Olivier LATRY, ainsi que l’improvisation, l’analyse, la basse continue, le clavecin et l’écriture. Elle y obtient plusieurs prix en 2006-2007. Elle se perfectionne également auprès de maitres organistes tels que Thierry ESCAICH, Michel Chapuis, Eric Lebrun, Michael RADULESCU, Louis ROBILLIARD, Wolfgang ZERER ainsi que les pianistes Georges PLUDERMACHER et David SELIG. Elle donne désormais de nombreux concerts en Europe et aux Etats-Unis, accompagne au piano et à l’orgue des chœurs de la région Champagne-Ardenne (Maitrise de la Cathédrale de Reims, chœur Nicolas de Grigny, ensemble Thibaut de Champagne, chœur VOCALŸSE). Accompagnatrice au Conservatoire de Châlons, elle est titulaire du grand orgue de la Cathédrale de Châlons en Champagne, récemment rénové, ainsi que de celui de la Cathédrale de Soissons.